Ingrid Astier

Ingrid Astier vit à Paris. Elle a débuté en écriture avec le Prix du Jeune Écrivain (Mercure de France, 1999). Quai des enfers, paru à la Série Noire, a été récompensé par quatre prix, dont le Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres. Elle est devenue la marraine de la brigade fluviale. […]

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Ingrid Astier vit à Paris. Elle a débuté en écriture avec le Prix du Jeune Écrivain (Mercure de France, 1999). Quai des enfers, paru à la Série Noire, a été récompensé par quatre prix, dont le Prix Paul Féval de la Société des Gens de Lettres. Elle est devenue la marraine de la brigade fluviale. Angle mort (Prix Calibre 47), plongée dans le grand banditisme et le cirque, est salué comme la relève du roman policier français. Petit éloge de la nuit (Folio Gallimard), est le fruit de notes vagabondes, de nuits inspirées, de lectures et de dialogues croisées. En 2015, elle publie Même pas peur (Syros), un roman où la quête identitaire de l’adolescent reflète nos peurs d’adulte.

Le Petit éloge de la nuit d’Ingrid Astier nous entraîne vers la plus fascinante partie de nous-mêmes, là où l’ombre et le sommeil se mêlent et s’enlacent » (François Busnel, L’Express).

Écrivain à temps plein depuis neuf ans, Ingrid Astier est d’abord une femme qui s’emplit de la vie. Elle a fait le choix de s’immerger tout à fait dans les milieux qui servent de décor à ses romans avant de laisser sa plume aller.

Ingrid Astier est une rêveuse et une voyageuse, une aventurière aussi, « et les trois combinés donnent un écrivain. » Un écrivain qui a commencé par des contes et de la poésie avant de se lancer dans le roman policier à la fin des années 90. Sa nouvelle, Face à faces1 a reçu le prix du Jeune écrivain en 1999. « Ce fut ma première publication, l’impulsion, le désir de croire en l’écri- ture comme métier. »

Pour Ingrid Astier, « l’écriture est le lieu où l’alchimie entre l’action et le rêve est parfaite. L’écriture me permet d’être sur le qui-vive, et plus que vive. L’écriture est une revanche sur le déterminisme. Par l’imaginaire, par les personnages, l’infini s’ouvre. » Ainsi elle peut être à Maupiti face à la Tour Eiffel, elle peut être Malik Joyeux sur les eaux. «Il suffit de convoquer l’imaginaire. L’écriture est le monde du possible. Une machine à remonter le temps ou à l’anticiper, et à se promener dans les consciences. » En moyenne, il lui faut trois ans pour écrire un roman. «Durant deux années, je m’immerge totalement dans le milieu de mes ro- mans comme par exemple la Brigade fluviale, la Crime, les parfumeurs, les artistes, les pêcheurs, les SDF, l’anti-gang, les braqueurs, les circassiens, les joueurs de bésigue haïtiens, les balisticiens… Puis j’oscille entre immersion et retrait, toujours dans des lieux isolés comme la Bourgogne, l’île d’Yeu, le Connemara. » Ingrid Astier a besoin de retrouver la nature, l’isolement «pour rejoindre la petite musique intérieure de l’écriture, sans cesse menacée par la communication et le brouhaha. Ma vie est ce mouvement de balancier perpétuel entre un rapport ogresque au vivant, et un besoin radical d’isolement. Entre le bourdonnement et le cloître. »

“Je vis l’instant” 

Pour Ingrid Astier, demain n’existe pas ! «Je vis dans l’instant, mon rapport au temps en est d’ailleurs très perturbé, j’ai une vie de moine copiste, je peux passer des heures à préparer une enve- loppe par exemple. Voilà pourquoi chaque journée doit avoir un sens profond. Chaque personne autour de moi m’enrichit de sa diversité, je ne me force jamais, parasiter ma vie est inconcevable. Les choix sont alors vite faits. C’est ainsi que j’ai décidé, il y a neuf ans, de me dévouer entièrement à l’écriture. Ce fut un saut dans le vide, sauf que je ne savais pas si j’avais un parachute. » Et finalement, Ingrid Astier a-t-elle un parachute ? « L’écriture est sans cesse menacée. La condition de l’écrivain est un jeu d’équilibriste, en France. Chaque livre est une nouvelle donne. Il faut avoir un côté joueur de poker et accepter de tout perdre. C’est un pacte faustien : donner sa vie pour vivre intensément. »

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