Roland Kaehr

Dr ès lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel (Suisse) avec une thèse intitulée Le mûrier et l’épée: le Cabinet de Charles Daniel de Meuron et l’origine du Musée d’ethnographie à Neuchâtel, Roland Kaehr a été pendant 40 ans conservateur adjoint des collections du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (MEN). Il continue de se passionner […]

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Dr ès lettres et sciences humaines de l’Université de Neuchâtel (Suisse) avec une thèse intitulée Le mûrier et l’épée: le Cabinet de Charles Daniel de Meuron et l’origine du Musée d’ethnographie à Neuchâtel, Roland Kaehr a été pendant 40 ans conservateur adjoint des collections du Musée d’Ethnographie de Neuchâtel (MEN). Il continue de se passionner pour le XVIIIe siècle sans négliger le XIXe siècle et a ainsi entrepris de refaire l’historique des fonds marquisiens du Musée. 

Un jour il est tombé sur un texte d’un certain Eugène Hänni surnommé le « Père Vanille ». Comme un enquêteur, Roland Kaehr a authentifié l’écrit avant de partir à la rencontre de l’auteur.

L’enquête se joue en plusieurs actes. Le premier acte a lieu dans les années 1970, lorsque Roland Kaehr tombe sur «un volume un peu dépenaillé en papier de mauvaise qualité intitulé Trois ans chez les Canaques et signé d’un certain Eugène Hänni. Ce nom me rappelait quelque chose. » Le deuxième acte arrive, lui, bien plus tard, en 2003. « Cette année-là, une personne avait téléphoné au Musée d’ethnographie de Neuchâtel pour signaler avoir trouvé des manuscrits concernant l’Océanie. D’après quelques indices, il ne pouvait s’agir que de notes d’Eugène Hänni. » Ces notes révèlent des informations qui n’avaient jamais été publiées ainsi qu’un cahier de dessins à la mine de plomb totalement inédits illustrant la première partie du séjour du mystérieux « Père Vanille ». Roland Kaehr est intrigué, il veut en savoir plus sur le voyageur. C’est le troisième acte : après l’authentification des textes, les investigations sur l’auteur.

Eugène Hänni est né le 4 février 1870 à La Chaux-de-Fonds dans les Montagnes du Jura suisse, il est mort à Paris en 1908, victime d’un crime crapuleux. Cet homme était voué au commerce. Mais doué pour l’écriture autant que pour les langues, il rêvait plutôt de grands voyages. Après avoir travaillé comme comptable, il a embarqué pour Tahiti en 1894, caressant un rêve que résume ainsi O’Reilly : « […] il faisait le tour du Pacifique à la recherche d’une île sauvage encore indépendante dans laquelle il pourrait devenir Directeur des Postes, émettre des timbres et battre monnaie, deux des privilèges de la souveraineté, grâce auxquels il se voyait déjà en train de faire sous les cocotiers des Iles Sous-le-Vent une facile, rapide et mirobolante fortune… » 1.

De 1894 à 1896, Eugène Hänni séjourne à Tahiti, Rurutu, Huahine, Borabora, Raiatea, recueillant scrupuleusement des données géographiques et politiques mais aussi des renseignements sur ce qu’il vivait. Ses notes fourmillent de détails sur la vie quotidienne, les procédés techniques, les produits, le prix des marchandises, les lieux, les personnes… Par la suite, il coéditera des cartes postales illustrées d’après des clichés d’Albert Itchner. Et voilà le dernier, la naissance de l’ouvrage Tahiti, Rurutu, îles Sous-le-Vent 1894-1896· Odyssée d’un Suisse en Polynésie [aux éditions Haere Pö]. Un ouvrage qui conte les aventures du « Père Vanille ».

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